• Le petit parapluie

     

    Un petit parapluie,

    Au placard s’ennuyait,

    Il attendait la pluie,

    Qui jamais ne venait.

     

    Près de lui une ombrelle,

    Chaque jour s’en allait,

    Abriter une belle,

    Du soleil qui chauffait.

     

    Retour de promenade,

    Sa voisine parlait,

    De sa jolie balade,

    Et cela l’énervait.

     

    -Je reviens de la plage,

    Tu verrais c’est si beau,

    Superbe paysage,

    Du sable et beaucoup d’eau.

     

    Le pépin dans son rêve,

    Imaginait que l’eau,

    Tombe du ciel sans trêve,

    Ce serait un cadeau.

     

    Et voici qu’un orage,

    Dans le ciel éclatait,

    Enfin pour un voyage,

    Le parapluie sortait.

     

    Mais c’était la tempête,

    Et il se retournait,

    Il en perdait la tête,

    La dame le jetait.

     

    Certains n’ont pas de veine,

    Rien ne leur réussit,

    Ils restent dans la peine

    C’est triste, c’est ainsi.

     

     


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  • Le renard et la mésange

     

    D’où vient donc ce désir de changer d’apparence,

    De vivre dans la peau d’autres individus?

    Un tel voudrait voler croyant avoir la chance

    D’échapper aux dangers sur terre répandus.

     

    Ainsi maître renard enviait la mésange,

    Qui ne craignait jamais les chiens et les chasseurs,

    Il aurait bien voulu pratiquer un échange,

    Afin de s’envoler loin de ses agresseurs.

      

    Ô combien de frayeurs en traversant la route,

    Ayant déjà senti le souffle de la mort,

    « Les engins des humains autant je les redoute,

    Plusieurs de mes amis ont eu un triste sort »

      

    Il admirait béat le vol libre et gracile

    De ce petit oiseau qui lui semblait heureux,

    Il rêvait éveillé d’être ce volatile,

    S’élevant sans effort vers un ciel vaporeux.

     

    Goupil le nez levé avait une surprise,

    Quand du haut de l’azur giclait un épervier,

    Capturant la mésange avec tant de maîtrise,

    Que notre paridé n’eut le temps de crier.

     

    Le renard comprenait qu’il est aléatoire,

    De jalouser ainsi un être différent,

     A chacun ses ennuis, à chacun son histoire,

    Le bonheur du voisin n'est souvent qu'apparent.

     

     


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  • Les frères marchands

     

    Tous les deux héritiers d’un marchand de tissu,

    Des frères dirigeaient chacun une boutique,

    L’aîné n’était pas riche et le cadet cossu,

    Pourtant ils avaient eu une part identique.

     

    Le premier vendait des objets religieux,

    Des bibles, des missels, des croix et des médailles,

    Il avait pour clients, quelques hommes pieux,

    Des curés, des pasteurs et toutes leurs ouailles.

     

    Mais la foi n’avait plus sa puissance d’antan,

    De saison en saison faiblissaient ses affaires,

    Il voulait s’arrêter car son dernier bilan

    N’était pas rassurant, plutôt déficitaire.

     

    Le cadet plus malin vendait des pistolets,

    Des fusils-mitrailleurs et de multiples armes,

    Ses ventes annuelles atteignaient des sommets,

    Et il se moquait bien de causer tant de larmes.

     

    L’argent n’a pas d’odeur, aucune humanité,

    Pour beaucoup de nantis, par le moindre scrupule,

    Fi des codes d’honneur et de la dignité,

    Ils sont acoquinés à la pire crapule.

     

     

     

     

     


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  • Le coq et le dindon

    Il est c’est bien connu au sein de la volaille,
    Bien des rivalités dans une basse-cour,
    Il arrive souvent que nait une bataille,
    Concrétisant ainsi un profond désamour.

    Un coq et un dindon de la même famille,
    Désiraient s’installer sur le plus haut perchoir,
    Mais il était bâti d’une étroite béquille,
    Un seul individu pouvait s’en prévaloir.

    Chacun des prétendants cherchait des connivences,
    Parmi les animaux lâchés en liberté,
    A coup de compliments et maintes révérences,
    L’un ou l’autre vantait son efficacité.

    Montant sur ses ergots, le coq à la parade,
    Chantait, s’égosillant de longs cocoricos,
    Le dindon cramoisi, en mauvais camarade,
    Poussait en glougloutant son rival hors enclos.

    Les autres emplumés regardaient ce spectacle,
    Les uns étaient contrits et d’autres goguenards,
    Se tenait à l’écart de ce bruyant cénacle,
    Un groupe composé des oies et des canards.

    Alors que les deux sots continuaient la lutte,
    Le jars bien inspiré montait sur le juchoir,
    Arrivé au sommet et dominant la butte,
    Il se mit à crier « Je détiens le pouvoir »

    Une belle leçon pour tous les politiques,
    Qui voudraient enjôler leurs chers concitoyens,
    Rien ne sert d’attiser de vaines polémiques,
    Il faut pour diriger en avoir les moyens.
     





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  • Le loup et la chienne

     

    C’est l’histoire d’un loup, amoureux d’une chienne,

    La nature est ainsi, étonnante parfois,

    Il espérait qu’un jour elle devienne sienne,

    Quand elle musardait sur le chemin du bois.

     

    Il se tenait toujours à quelques encablures,

    Essayant d’attirer tout au moins son regard,

    Il admirait de loin ses charmantes allures,

    Son envie décuplait, il se sentait gaillard.

     

    Et pendant de longs mois il était dans la peine,

    N’osant trop s’approcher en craignant le refus,

    Il négligeait les siens et arpentait la plaine,

    Au risque de tomber sur un homme à l’affût.

     

    Le malheur arriva, c’est une chevrotine,

    Qui le cloua au sol, le vida de son sang,

    A la scène assistant accourut la mâtine,

    Qui comprit que le loup n’irait plus très longtemps.

     

    -Que puis-je mon ami pour calmer la souffrance ?

    -Hélas je suis perdu, je vais bientôt mourir,

    Mais j’ai le réconfort d’une douce présence,

    Et c’est dans le bonheur que je m’en vais périr,

     

    La chienne comprenait, ayant eu l’espérance,

    Que le loup oserait faire le premier pas,

    Cela arrive aussi qu’une belle romance,

    Ne vive qu’un moment juste avant le trépas.

     


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  • La pie et le corbeau

     

    Une pie sur un pin chantait sa ritournelle,

    Dérangeant alentour, un vieux mâle corbeau,

    -Va jacasser ailleurs car ton chant de crécelle,

    Est vraiment déplaisant, ce n’est point un cadeau.

     

    -Tu m’amuses l’ami, et toi quand tu croasses,

    Ce sont les pires cris entendus dans les bois,

    Mes amis sont d’accord, nos oreilles tu casses,

    Alors ferme ton bec, jacasser laisse-moi.

     

    C’est alors qu’arriva, près des deux volatiles,

    Un gentil rossignol, bien connu pour son chant,

    Il sifflota dans l’air quelques notes graciles,

    Le début d’un concert agréable et charmant.

     

    -Ô mon dieu quelle horreur ! s’écria la jacasse,

    Approuvée aussitôt par l’autre corvidé

    -Je préfère et pourtant le cri de la bécasse,

    Va-t-en siffler ailleurs petit dévergondé.

     

    Encore une leçon car aussi dans la vie,

    Domine bien souvent un esprit de clocher,

    Combien de faux-amis, rongés de jalousie,

    S’allient dans le but de chasser l’étranger.

     

     

     


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  • Les deux singes

     

    Un singe fut surpris découvrant une glace,

    Lui qui se croyait beau, il était chagriné,

    -Mais je suis aussi laid sans faire une grimace,

    Que mes frères gibbons, j’en suis halluciné.

     

    Il se trouvait le nez petit et ridicule,

    Et n’aimait pas du tout sa mâchoire en avant,

    Détestait son regard et son front qui recule,

    Ses oreilles poilues et son menton fuyant.

     

    Rencontrant un ami, en tous points identique,

    Le satané miroir lui offrait en cadeau,

    -Regarde-toi ici, surtout pas de panique,

    Tu vas te découvrir un horrible museau.

     

    -Que me racontes-tu, mais c’est tout le contraire,

    Mon nez est gracieux, mon visage est parfait,

    Le regard est profond, le menton volontaire,

    De m’avoir vu ainsi, moi je suis satisfait.

     

    C’est bien souvent le cas entre deux homologues,

    D’exprimer haut et fort des avis divergents,

    Pourtant il s’agissait d’images analogues,

    Les chemins de l’esprit sont souvent différents.

     

     

     


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  • Le vélo et le matelas

     

    Ils étaient vingt et cent perdus dans la nature,

    Des objets différents, qu’un homme avait laissés,

    Ils avaient tous connu une belle aventure,

    Avant de devenir, démodés, dépassés.

     

    A côté d’un vélo amputé d’une roue,

    Commençait à moisir un petit matelas,

    Une face au soleil et l’autre dans la boue,

    Il était désolé, parlait de ses tracas.

     

    -J’ai souvent supporté de nombreuses violences,

    L’enfant de la maison bondissait sur le lit,

    Je regrette pourtant toutes ces insolences,

    Je suis abandonné, je vais mourir ici.

     

    -Je comprends ta douleur, pour moi je crains la rouille,

    C’est vrai que le bambin ne nous ménageait pas,

    Mais c’était un bonheur quand j’étais en vadrouille,

    Je sais ce qui m’attend, un pénible trépas.

     

    Chaque jour, chaque nuit, on entendait des plaintes,

    Emanant des objets, reclus, abandonnés,

    Et ils pouvaient avoir de légitimes craintes,

    Ils sont dans cet endroit à jamais condamnés.

     

     


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  • L’ombre et la lumière

     

    Il était une fois dans un passage étroit,

    Depuis la nuit des temps, de façon équitable,

    Une ombre et la lumière étaient à cet endroit,

    Entre deux bâtiments de style remarquable.

     

    Suivant l’heure du jour et suivant la saison,

    L’ombre se retirait en laissant la lumière,

    Jamais l’une des deux traversait la barrière,

    Respectant sans détour l’invisible cloison.

     

    Cela pouvait durer, mais sale coup du sort,

    L’une des deux maisons présentait des fissures,

    Un danger évident pouvant causer du tort,

    Qui incita les gens à prendre des mesures.

     

    Le bâtiment rasé, le soleil avançait,

    Descendant jusqu’en bas de la grande façade,

    L’ombre est repoussée, elle disparaissait,

    Oubliés les accords, elle en était malade.

     

    La lumière était sourde aux lamentations,

    Jugeant que ses rayons étaient prioritaires,

    -Ma chère vous aviez trop de prétentions !

    S’amusant du déclin de sa colocataire.

     

    Oui mais voilà qu’un jour, un nouveau bâtiment

    Fut construit bien plus haut sur l’ancienne parcelle,

    Ce fut pour la lumière un cruel châtiment,

    De voir son ex-amie envahir la ruelle.

     


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  • Le caméléon

     

    Il avait fait son nom parmi les politiques,

    Mais il aimait manger à tous les râteliers,

    Capable de jouer d’innombrables musiques,

    Ne se trouvant jamais dans ses petits souliers.

     

    Il savait naviguer même dans les eaux troubles,

    Profitait du courant, de la force du vent,

    Il avait de l’ardeur, mettait les bouchées doubles,

    Pour défendre une cause abominée avant.

     

    Toujours dans le bon sens par des tours de passe-passe,

    Il était adulé par tous les braves gens,

    Plaisant aux électeurs avec son air bonasse,

    Notre caméléon vivait à leurs dépens.

     

    Combien de citoyens souvent tournent casaque,

    Un jour vantant un roi, changeant le lendemain,

    Le premier à crier haro sur le monarque,

    Devenant d’un seul coup  un vrai républicain.

     

     


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