• Le renard et la mésange

    Le renard et la mésange

     

    D’où vient donc ce désir de changer d’apparence,

    De vivre dans la peau d’autres individus?

    Un tel voudrait voler croyant avoir la chance

    D’échapper aux dangers sur terre répandus.

     

    Ainsi maître renard enviait la mésange,

    Qui ne craignait jamais les chiens et les chasseurs,

    Il aurait bien voulu pratiquer un échange,

    Afin de s’envoler loin de ses agresseurs.

      

    Ô combien de frayeurs en traversant la route,

    Ayant déjà senti le souffle de la mort,

    « Les engins des humains autant je les redoute,

    Plusieurs de mes amis ont eu un triste sort »

      

    Il admirait béat le vol libre et gracile

    De ce petit oiseau qui lui semblait heureux,

    Il rêvait éveillé d’être ce volatile,

    S’élevant sans effort vers un ciel vaporeux.

     

    Goupil le nez levé avait une surprise,

    Quand du haut de l’azur giclait un épervier,

    Capturant la mésange avec tant de maîtrise,

    Que notre paridé n’eut le temps de crier.

     

    Le renard comprenait qu’il est aléatoire,

    De jalouser ainsi un être différent,

     A chacun ses ennuis, à chacun son histoire,

    Le bonheur du voisin n'est souvent qu'apparent.

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    pich24
    Vendredi 11 Novembre 2011 à 06:05
    Techniquement, sur les rimes rien à dire. C'est parfait. Au vers 17 "levé avait" constitue un hiatus. Suite de deux voyelles entre deux mots qui se suivent. Ce n'est pas joli à l'oreille et c'est interdit en classique. Il n'y a pas de mot sur lesquels on puisse avoir un doute entre synérèse et diérèse (à part épervier/crier qui est un cas limite puisque l'un fait vier et l'autre i-er). Je pense, une faute de français sur "béat" au vers 13.(pas d'accent) Je trouve aussi quelques (hum) problèmes de ponctuation. La question posée au premier vers devrait avoir un point d'interrogation à la fin du vers 2. Pas de virgule au vers 3. Je ne m'étends pas, j'en trouve partout (vers 5, 6 etc...) Je pense juste que vous devriez être plus attentif. La ponctuation est souvent logique, et la règle c'est plutôt d'enlever les virgules. On a tous tendance à en mettre trop. Dans l'écriture, on voit que vous avez des facilités à pondre l'alexandrin. C'est une histoire d’oreille. Certaines personnes ont ce rythme et leurs vers coulent avec beaucoup de fluidité. On le remarque aisément par le peu d'inversions nécessaires au récit. Dans votre cas je n'en vois qu'une au vers 4 "sur terre répandus". Comme moi; vous ne faites ni enjambement ni rejet. Contrepartie de ce don de fluidité, il y a parfois trop de facilité et on sent par exemple que votre dernier vers n'a pas été travaillé suffisamment. "Ne craint aucun tourment" est mal ficelé. On sent qu'il est là par défaut. Pour la construction, j'admire le renversement initial. Mettre la morale, ou disons présenter la réflexion, en début de texte est peu commun. C'est une variante qui fait du bien en apportant de la fraicheur dans l'architecture habituelle. Le sujet est bon, bien dépeint et le souci de mettre un dialogue (enfin, un monologue) prouve votre attachement à la norme. Personnellement, je vois dans la strophe centrale une trop grande succession de sujet/imparfait/ Il (le renard) enviait Il aurait bien voulu Il avait des frayeurs Il admirait Il rêvait... C'est une suite de huit phrases de deux vers qui sont pesantes dans le rythme du récit. Vous devriez essayer de construire des phrases de quatre vers. Vous en avez largement la possibilité. Voilà je ne m'attarde pas plus. J'ai déjà été bien long. J'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de ces remarques et que mon ton n'a pas paru trop péremptoire. Amicalement,
    2
    Chriscol Profil de Chriscol
    Lundi 14 Novembre 2011 à 13:41

    Bonjour Patrick,


    J'ai effectué quelques modifications, la faute d'accent sur béat (étourderie)... Pour le hiatus signalé, le é de levé n'est pas neutre?


    Je vais essayer de modifiet la fin qui c'est vrai ne me satisfait pas.


    Merci, les remarques constructives sont toujours appréciées.

    3
    pich24
    Mercredi 16 Novembre 2011 à 07:23

    Aucun "é" n'est neutre, (c'est le "e" qui peut l'être, on l'appelle le chva). De même qu'avec "et", toute voyelle suivante fait hiatus. Exemple  : "et une autre" (hiatus entre et et u).  Seule dérogation, le yod de "il y a". Et encore, pas tout le monde n'est d'accord pour le classer en semi voyelle. Cela crée de plus un problème de synérèse, on ne sait plus le nombre de pieds pour l'expression. Personnellement, je ne m'en sers jamais. (C'est pourtant le début des histoires...)

    Pour le hiatus, les orthodoxes de la poésie comptent seize voyelles dans la langue française. Ils ont raison, c'est ce qu'indique le dictionnaire Larousse des rimes Warnant. Pour eux, une nasale de type "in" "un" "en" "on" est une voyelle et fait hiatus avec toute autre voyelle. On peut admettre que "le lapin avait un ennui" n"est pas joli à l'oreille (surtout la liaison "in" "a". Personnellement j'évite, mais pour moi "un ennui" fait une liaison avec le "n". Il ne faut pas abuser. C'est tout. Restez sur le son de votre oreille, et demandez vous si le hiatus est acceptable. Pour moi, "levé avait" ne l'est pas. J'espère que votre oreille saura le reconnaitre aussi. Dans le doute, Le Littré dit si la consonne finale se lit avec le mot suivant. Ca peut être utile. Exemple ; "Un nez épaté" fait hiatus, "des nez épatés" ne le font pas (ne trouvez-vous pas que c'est logique ?).

    Remarquez qu'un hiatus n'existe qu'entre deux mots, et jamais à l'intérieur d"un même mot. Il est toléré entre le mot de la fin d'un vers et celui qui débute le vers suivant. Enfin lisez et relisez Sorgel jusqu'à le comprendre. Même si j'avoue que sur le hiatus il est plus que timide (voire évasif).

    J'espère vous avoir éclairé,

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :